
Q331 · Pourquoi les technologies ont besoin de la science-fiction ?
Ce qui devrait interpeller dans les articles que nous lisons sur les nouvelles technologies, c’est la radicalité de leurs positions : soit la technologie est louée, soit elle est l’illustration d’une fin imminente de l’humanité. Les nuances ? Disparues. Les contextualisations ? Évaporées. Le gris ? Il n’a aucune place entre le blanc et le

Camchopage
Le camchopage désigne le processus par lequel une personne est filmée ou photographiée à son insu et voit son image diffusée.

Robustance
Mot dérivé : Robustant adj Un système performant est défini par l’alliance de l’efficacité (atteindre l’objectif) et de l’efficience (avec le minimum de moyens). Il

Géoff
À 20 000 kilomètres au-dessus de nos têtes, les satellites du Système mondial de positionnement (GPS) orchestrent le fonctionnement de la planète. Un simple boulon

Le printemps des ridés
Gisèle Ribeaupierre est une femme haute en couleur. À 91 ans, elle déclenche le Printemps des ridés, un mouvement mobilisant des millions de seniors. Pour

Game Over
Établi sur des technologies immersives et de réalité augmentée, un jeu transforme des joueurs en criminels. L’entreprise est condamnée pour crime contre l’autonomie mentale. Le

Ségrégation technologique
Ils devaient être nos assistants. Ils sont devenus les maîtres. Les cognibots (ou assistants personnels) ont créé une ségrégation technologique. La Suisse se divise entre
Quand deux cognitions, ou représentations ne s’accordent pas chez un individu, celui-ci tendra à la résorber pour échapper à l’anxiété.
L’habitude dévore les objets, les vêtements, les meubles, votre femme et la peur de la guerre… L’art existe pour nous aider à recouvrer la sensation de la vie.
Le stratège transforme le rapport de forces de façon à le faire basculer silencieusement à son profit, dans la durée : à peine engagera-t-il ensuite le combat que l’adversaire tombera de lui-même, ne pouvant plus résister, déjà défait. Quant au Sage (au Prince), loin de prétendre donner des leçons ou d’imposer ses ordres, de façon insigne, loin de vouloir frapper l’attention des autres par des miracles ou des exploits, il se contente de « transformer » les moeurs, autour de lui, de proche en proche, en silence : le seul exemple de sa conduite se répand de lui-même, en effet, et influe de son seul fait, par incidence, au fil des jours, en imprégnant et modifiant insensiblement les comportements, et suffit à éduquer.
Comme il se diffuse sans intention projetée mais par contamination dans le bien et fait tache d’huile, sa portée s’étend inépuisablement – par auto-déploiement et sans rencontrer de résistance – de sa famille à tout le pays, nous dit-on et jusqu’au bout du monde.
Au lieu d’avoir la prétention d’ « agir », mais aussi de devoir risquer, d’avoir à affronter, de s’user, cet épiphénomène de l’action ayant tout compte fait si peu d’effet, « transformez » donc comme la nature. Mais bien sûr, comme c’est « tout » qui peu à peu, sous cet effet d’ambiance, s’en trouve modifié, du proche au lointain, nous n’en discernons rien et par suite nous n’aurons rien à en décrire, à raconter. On ne vous célébrera pas. Pas de saga ou d’épopée. Pour autant, cette discrète influence se distillant de jour en jour n’est-elle pas plus efficace en définitive […] que tout ce forçage et grand tapage fait à coups d’actions héroïques ou de prescriptions du Salut ?
Car c’est partout, en tout, qu’on mesurera les résultats de ce procès bénéfique – les « moeurs », mores, disant bien ce conditionnement ambiant par contraste avec la morale individuelle et le choix du Sujet.
La Technologie Totale se fonde techniquement sur la personnalisation de masse qui engendre à son tour une atomisation encore plus fine du tissu social, du lien, du « commun ». La Technologie Totale n’est pas une idéologie problématique parce qu’elle est technologie, celle-ci peut aussi être mise au service de l’invention, de la connaissance et du progrès et, pour ma part, je ne crois pas que le problème soit la technologie en tant que telle. C’est plutôt sons « totalisme » massifiant, son « implicite » idéologique dont l’un des carburants est la dislocation de l’intime qui pose problème. […]
Le contrôle de l’individu ne passe plus exclusivement par la coercition mais par la « séduction » standardisée et ultra-consumériste qui flatte et exploite des egos affaiblis. La société de masse composée d’individus psychiquement perdus, fragiles, sans repères solides se transforme en « société de survie » avec une aspiration forte pour un Etat paternaliste, substitut de la figure, castrée, du père. La société de survie, celle qui précisément caractérise la société de masse, la nôtre, est une société par nature égoïste, violente, brutale. Car, c’est assez simple : trop occupés à survivre seuls matériellement ou psychiquement, comment, avec qui, contre qui, se battre ?







