
Q331 · Pourquoi les technologies ont besoin de la science-fiction ?
Ce qui devrait interpeller dans les articles que nous lisons sur les nouvelles technologies, c’est la radicalité de leurs positions : soit la technologie est louée, soit elle est l’illustration d’une fin imminente de l’humanité. Les nuances ? Disparues. Les contextualisations ? Évaporées. Le gris ? Il n’a aucune place entre le blanc et le

Dermascope
Le dermascope est un tatouage constitué d’encres intelligentes et de nanocapteurs qui surveille les paramètres biologiques : glycémie, hydratation, rythme cardiaque, taux d’oxygène… Relié à

Synthonésie
La synthonésie désigne une connaissance produite à la demande par une intelligence artificielle. Le savoir n’est plus un document que l’on stocke et consulte. Il

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La crétinIAsation s’effectue par la délégation aux IA des actions quotidiennes.

Attaque du château d’eau
Depuis trois semaines, la Suisse est au centre d’une crise internationale sans précédent. Le pays est accusé de détournements massifs de ressources en eau. Les

Les kilos de la colère
La France est à l’arrêt. Partout dans le pays, des millions de personnes déferlent dans les rues, exigeant la démission du Président et la dissolution

Des pissenlits pour nos racines
Par une lettre adressée à sa fille victime des pesticides présents dans les fleurs, une fleuriste raconte la disparition des fleurs de notre quotidien et
Si l’on sait exactement ce qu’on va faire, à quoi bon le faire ?
La Technologie Totale idéologise la masse d’individus en vidant chaque acte de sa substance politique perceptible.
Parfois la valeur perçue de la prospective réside autant dans la présentation intelligible du présent et dans la taxonomie qui l’accompagne, que dans la réflexion anticipatrice qu’elle supporte.
À ces approches technocritiques, la Silicon Valley oppose souvent ce cliché qu’il convient de fusiller sans sommation et à bout portant. Il s’énonce ainsi: la technologie est neutre, son impact ne dépend au fond que du bon ou mauvais usage qu’on en fait.
C’est une idée courte, et même une idée stupide, quadruplement stupide. Il n’est jamais inutile de redire pourquoi:
1. Parce que la technique porte en elle une valeur latente : l’efficacité. Autrement formulé: la possibilité d’agir sur nos environnements de façon forte. Toute machine prédétermine l’utilisateur à faire de l’efficacité la valeur de son action, avant tout choix de sa part. […]
2. Parce qu’en amont, l’innovation technologique dépend de la Recherche qui dépend elle-même des crédits de recherche ou du capital-risque investi, et donc déjà d’une forte présélection des découvertes, produits et services et qu’on juge a priori « utiles » à développer car lucratifs. La machine reste donc toujours « sociale avant d’être technique » (Deleuze), c’est-à-dire qu’elle présuppose en univers capitaliste, pour être finalement fabriquée, une attente du marché et une rentabilité. […]
3. Parce qu’en aval, une technologie induit un multitude d’effets, souvent difficiles à anticiper : elle réinvente des pratiques et reformate des comportements, elle enfante parfois une culture entière (le jeu massivement multijoueur, les danses internet, les animatiques) juste par les interactions nouvelles qu’elle offre. S’en servir, c’est déjà transformer ses rapports à soi et ses relations aux autres, se ménager de nouvelles prises et consentir à de futures emprises en mutilant d’anciennes capacités qu’on sous-traite à l’appli. […]
4. Enfin parce que toute technologie porte en elle un nouveau rapport au monde. […] La machine situe notre liberté et notre liberté s’exerce face à elle, en elle. Nous sommes libres de nos usages de la machine, libres même de ne pas l’utiliser, parfois. Mais c’est une liberté en situation, déjà située, un libre-arbitre qui s’exerce à l’intérieur d’un monde transformé et repotentialisé par la machine où il devient impossible de se comporter comme si elle n’existait pas.
La première loi du comportement stratégique est l’action. En situation d’incertitude, lorsque la légitimité du pouvoir est précaire et peut être remise en cause à tout moment, celui qui n’agit pas peut être sûr que les changements auront lieu à son désavantage.







